Oiseau · Terrestre
Kakapo : le perroquet qui ne vole pas bat des records
Lourd, nocturne et incapable de voler, le kakapo de Nouvelle-Zélande n'était plus que 51 en 1995. Grâce à un programme de sauvetage qui suit chaque oiseau, ils sont aujourd'hui 325, un record. C'est l'une des plus belles histoires d'espoir de la conservation.
51 → 325 kakapos en 1995, puis en septembre 2026
Description de l’animal
Le kakapo ne ressemble à aucun autre perroquet. Il peut peser jusqu’à 4 kilos, ce qui en fait le plus lourd des perroquets. C’est aussi le seul perroquet au monde incapable de voler. Il compense avec des pattes robustes : c’est un excellent grimpeur, qui escalade des arbres de 20 mètres de haut grâce à ses griffes, et un bon marcheur, capable de parcourir plusieurs kilomètres. Il saute du haut des arbres en écartant les ailes pour freiner sa chute. Les femelles arrivent même à planer brièvement au-dessus de trous de trois ou quatre mètres.
Son plumage vert mousse, moucheté de brun et de jaune, le camoufle parfaitement dans la végétation. Avec son disque facial et ses moustaches de plumes, il rappelle une chouette. En maori, son nom signifie d’ailleurs « perroquet de la nuit » : il est nocturne.

Le kakapo vit longtemps : il pourrait atteindre 90 ans à l’état sauvage. Mais il se reproduit rarement. Solitaires, mâles et femelles ne se retrouvent que pour s’accoupler, et la femelle élève seule ses poussins. Les voisins restent tout de même en contact grâce à de puissants cris, et les soigneurs le disent : chaque kakapo a sa propre personnalité. Et ils ne le font que tous les deux à quatre ans, les années où les rimu, de grands conifères de Nouvelle-Zélande, produisent des fruits en abondance. Pendant ces saisons, les kakapos se nourrissent presque uniquement de ces baies.
Le saviez-vous ? Pour séduire, le mâle creuse une cuvette dans le sol et y lance des appels très graves, comme les coups sourds d’un tambour. Il peut « tambouriner » jusqu’à huit heures par nuit, pendant deux à trois mois. Aucun autre perroquet ne se reproduit de cette façon.
Pourquoi il est en danger
Le kakapo a évolué pendant des millions d’années dans un pays sans mammifères prédateurs terrestres. Face au danger, sa stratégie est de rester immobile et de compter sur son camouflage. C’est efficace contre les rapaces qui chassent à vue, mais pas contre des mammifères qui chassent à l’odeur, de jour comme de nuit, d’autant que le kakapo dégage une odeur bien reconnaissable.
Avec l’arrivée des humains, tout a basculé. Le kakapo a été chassé, et son habitat défriché. Les rats échappés des navires ont dévoré œufs et poussins, puis les chats, les furets et les hermines introduits ont décimé les adultes. Des collectionneurs et des musées en ont aussi prélevé un grand nombre. À la fin du XIXe siècle, les scientifiques savaient déjà l’espèce au bord de l’extinction. En 1995, on ne connaissait plus que 51 oiseaux, dont seulement 20 femelles.
Aujourd’hui encore, deux fragilités freinent son retour :
- Une très faible diversité génétique, héritée de ce goulot d’étranglement, qui provoque des problèmes de fertilité et des œufs qui n’éclosent pas.
- Le manque d’espace sûr. Le kakapo ne peut vivre que sur des îles entièrement débarrassées des prédateurs, et ces îles sont rares.
Ce qui est fait pour le sauver
Le programme néo-zélandais Kākāpō Recovery, mené par le Department of Conservation avec la tribu maorie Ngāi Tahu et le soutien de l’entreprise Meridian Energy, suit chaque kakapo individuellement. Depuis le début du partenariat avec Meridian Energy, en 2016, la population a gagné plus de 200 oiseaux. Les oiseaux portent un émetteur, les nids sont surveillés à distance, et les poussins en difficulté reçoivent des soins ou un complément de nourriture.

Les kakapos vivent sur trois îles sans prédateurs : Whenua Hou (île Codfish), près de l’île Stewart, ainsi que Pukenui (île Anchor) et Te Kāhaku (île Chalky), dans le Fiordland.
Les résultats sont spectaculaires. En 2026, 90 poussins ont rejoint le décompte officiel, un record pour une seule saison. Un poussin n’est compté qu’une fois âgé de 150 jours. Au début du programme, il avait fallu seize ans pour obtenir autant de poussins. Le 1er septembre 2026, la population a atteint 325 oiseaux, son plus haut niveau depuis le début du sauvetage. Elle n’avait peut-être pas dépassé 300 depuis 75 ans.
L’équipe commence même à alléger son intervention : moins de visites aux nids, moins de nourriture d’appoint, là où les oiseaux se débrouillent seuls. Le prochain défi est de trouver de nouveaux territoires. Ngāi Tahu espère qu’un jour l’île Stewart (Rakiura), d’où venaient presque tous les fondateurs de la population actuelle, sera débarrassée de ses prédateurs pour que les kakapos puissent y revenir.
Comment aider
Sauvons les animaux ne recueille aucun don. Le programme officiel de sauvetage propose deux façons d’agir :
- Adopter symboliquement un kakapo pendant un an (certificat et nouvelles de l’oiseau). Adopter un kakapo
- Faire un don à Kākāpō Recovery, qui suit chaque oiseau. Faire un don à Kākāpō Recovery
Et au quotidien :
- Gardez votre chat à l’intérieur la nuit, où que vous viviez : les chats domestiques sont de redoutables prédateurs d’oiseaux.
- En voyage dans des îles protégées, suivez les consignes de biosécurité : vérifiez vos sacs et vos chaussures pour ne transporter ni rongeurs ni graines.
- Racontez l’histoire du kakapo : elle prouve qu’une espèce peut revenir de très loin.
Soutenir un organisme
Nous ne recueillons aucun don. Ces organismes reconnus agissent directement pour cette espèce :
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Kākāpō Recovery — adoption symbolique
Adoptez symboliquement un kakapo pour un an et recevez un certificat et des nouvelles de « votre » oiseau. Programme du Department of Conservation de Nouvelle-Zélande, mené avec Ngāi Tahu.
Adopter symboliquement — Kākāpō Recovery — adoption symbolique (site externe, nouvel onglet) -
Kākāpō Recovery — don
Les dons soutiennent directement le programme de sauvetage qui suit chacun des kakapos.
Faire un don — Kākāpō Recovery — don (site externe, nouvel onglet)
En images
Utilisez les flèches gauche et droite pour parcourir les photos.
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Une « arène » de mâle kakapo sur l'île Pukenui en 2026 : c'est depuis ce creux qu'il lance ses appels graves pendant des nuits entières. Photo : Heidi Meudt, CC BY 4.0 (source) -
Les hauteurs de l'île Pukenui (Anchor Island), l'une des trois îles où vivent les kakapos, en 2026. Photo : Heidi Meudt, CC BY 4.0 (source) -
Un kakapo soigné à l'hôpital de la faune de Dunedin, en 2019 : chaque oiseau malade est pris en charge. Photo : Kimberley Collins, CC BY 2.0 (source) -
Le kakapo peint par J. G. Keulemans pour « A History of the Birds of New Zealand » de Walter Buller, 1873. Photo : J. G. Keulemans (illustration), W. L. Buller, Domaine public (source)
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Sources
- Strigops habroptilus — évaluation de la Liste rouge (2018), UICN, consulté le .
- Kākāpō population reaches new milestone (1er septembre 2026), Department of Conservation (Nouvelle-Zélande), consulté le .
- New Zealand's quirky kākāpō are pulled back from extinction, Natural History Museum (Londres), consulté le .
- Kākāpō behaviour, Department of Conservation (Nouvelle-Zélande), consulté le .
- Adopt a kākāpō, Department of Conservation (Nouvelle-Zélande), consulté le .
Crédits photo
- Un jeune kakapo sur l'île Anchor (Pukenui), dans le Fiordland, en 2016. Photo : Kimberley Collins, CC BY 2.0 (source)
- Le kakapo peut peser jusqu'à 4 kilos : c'est le plus lourd des perroquets. Photo : Oscar Dove, CC BY 4.0 (source)
- Théo, garde du Department of Conservation, nourrit un jeune kakapo sur l'île Anchor, en 2016. Photo : Kimberley Collins, CC BY 2.0 (source)
- Une « arène » de mâle kakapo sur l'île Pukenui en 2026 : c'est depuis ce creux qu'il lance ses appels graves pendant des nuits entières. Photo : Heidi Meudt, CC BY 4.0 (source)
- Les hauteurs de l'île Pukenui (Anchor Island), l'une des trois îles où vivent les kakapos, en 2026. Photo : Heidi Meudt, CC BY 4.0 (source)
- Un kakapo soigné à l'hôpital de la faune de Dunedin, en 2019 : chaque oiseau malade est pris en charge. Photo : Kimberley Collins, CC BY 2.0 (source)
- Le kakapo peint par J. G. Keulemans pour « A History of the Birds of New Zealand » de Walter Buller, 1873. Photo : J. G. Keulemans (illustration), W. L. Buller, Domaine public (source)
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