Mammifère · Marin
Baleine franche de l'Atlantique Nord : une géante à protéger jusque dans le Saint-Laurent
Elle peut mesurer 16 mètres, et pourtant il en reste moins de 400. La baleine franche de l'Atlantique Nord, appelée baleine noire au Canada, meurt surtout à cause de deux choses : les cordages de pêche et les navires. Depuis 2020, sa population remonte doucement.
384 baleines franches estimées en 2024, contre 358 au plus bas en 2020
Description de l’animal
La baleine franche de l’Atlantique Nord peut atteindre 16 mètres de long et peser plusieurs dizaines de tonnes. Son corps massif est presque entièrement noir, avec parfois quelques taches blanches sur le ventre. Elle n’a pas de nageoire dorsale, et son souffle en forme de V peut monter à cinq mètres : deux indices qui permettent de la reconnaître de loin.
Sa tête porte des callosités, des plaques de peau rugueuse blanchies par de petits crustacés. Leur motif est unique à chaque baleine, comme une empreinte digitale. Grâce à lui, les chercheurs de l’Aquarium de la Nouvelle-Angleterre tiennent un catalogue photographique de plus de 800 baleines, vivantes ou mortes, dont les archives remontent à 1935.

C’est une baleine à fanons. Elle nage lentement, la bouche ouverte, en surface ou juste en dessous, pour filtrer le zooplancton, notamment de minuscules crustacés appelés copépodes. Elle vit au moins 50 ans. Une femelle a son premier petit vers dix ans, après environ un an de gestation, et le baleineau mesure déjà plus de quatre mètres à la naissance.
Chaque hiver, des femelles descendent mettre bas au large de la Géorgie et de la Floride. Le reste de l’année, les baleines remontent se nourrir vers le nord : baie du cap Cod, baie de Fundy, plateau néo-écossais et golfe du Saint-Laurent.
Le saviez-vous ? Chaque baleine franche connue porte un numéro de catalogue, et beaucoup ont un nom. En 2025, une femelle appelée Monarch a été aperçue avec son baleineau dans la baie du cap Cod, loin des zones de mise bas habituelles.
Pourquoi elle est en danger
Cette baleine a été massivement chassée dans l’ouest de l’Atlantique Nord, du début du XVIe siècle jusqu’aux années 1920. Elle est protégée de la chasse depuis 1935, mais elle ne s’en est jamais vraiment remise.
Aujourd’hui, ses deux principales causes de mortalité sont humaines :
- Les engins de pêche. Plus de 86 % des baleines franches se sont déjà emmêlées au moins une fois dans des cordages, certaines jusqu’à neuf fois. Les cordages peuvent les blesser, les épuiser ou les empêcher de se nourrir.
- Les collisions avec les navires. Comme elle se nourrit près de la surface, la baleine franche est souvent heurtée par des bateaux.

En 2017, la situation est devenue critique au Canada : 12 baleines franches ont été retrouvées mortes dans le golfe du Saint-Laurent entre juin et septembre, et cinq autres dans les eaux américaines. Les nécropsies ont mis en cause les collisions et les empêtrements. La population est tombée à 358 individus en 2020. Le changement climatique ajoute une pression supplémentaire sur une population déjà fragile.
Ce qui est fait pour la sauver
Depuis 2017, le Canada applique chaque année des mesures de protection dans le golfe du Saint-Laurent. Depuis 2020, les navires de 13 mètres et plus doivent y limiter leur vitesse à 10 nœuds sur plus de 65 000 km², sous peine d’amendes pouvant atteindre 250 000 dollars. Un ralentissement volontaire est aussi demandé dans le détroit de Cabot, et des zones de navigation ralentissent dès qu’une baleine y est détectée. Des zones de pêche ferment dès qu’une baleine y est détectée. Depuis 2026, les pêcheurs sont aussi prévenus des détections qui n’entraînent pas de fermeture, avec des conseils de bonnes pratiques. Les pêcheurs testent des engins « sans danger pour les baleines », comme des cordages qui cèdent sous la tension, et doivent marquer leurs engins et déclarer ceux qu’ils perdent. En février 2026, le Canada a publié une stratégie nationale pour généraliser ces engins.
Aux États-Unis, des équipes spécialisées libèrent les baleines empêtrées, et la NOAA soutient des solutions techniques pour réduire les collisions et les enchevêtrements.
Ces efforts commencent à payer. La population est estimée à 384 baleines en 2024, en hausse de 2,1 % sur un an. En 2025, aucune mort n’a été détectée, et 11 baleineaux sont nés, dont quatre de mères qui accouchaient pour la première fois. Aucun de ces petits n’est mort à notre connaissance, alors qu’en 2024, cinq des vingt baleineaux nés n’avaient pas survécu. Et l’intervalle entre deux naissances chez les mères de 2025 était le plus court depuis 2013. La NOAA se dit « prudemment optimiste ». Mais les experts insistent : ce n’est pas le moment de relâcher l’effort. En 2024, quatre femelles reproductrices étaient mortes, une perte énorme pour une si petite population.
Comment aider
Sauvons les animaux ne recueille aucun don. Voici des organismes reconnus qui agissent pour la baleine franche :
- New England Aquarium : parrainez une baleine identifiée et soutenez le suivi de la population. Parrainer une baleine franche
- WWF-Canada soutient la recherche et les mesures de protection dans le golfe du Saint-Laurent. Faire un don au WWF-Canada
Et au quotidien :
- Si vous naviguez dans le Saint-Laurent ou sur la côte atlantique, respectez les zones de ralentissement, gardez vos distances avec les baleines et signalez vos observations, par exemple avec l’application Whale Alert.
- Ne laissez jamais de cordage ou de filet à l’eau, et signalez tout engin de pêche abandonné.
- Parlez-en autour de vous : cette baleine vit aussi dans nos eaux canadiennes.
Soutenir un organisme
Nous ne recueillons aucun don. Ces organismes reconnus agissent directement pour cette espèce :
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New England Aquarium — parrainage d'une baleine franche
L'équipe de recherche de l'aquarium de Boston tient le catalogue photographique de l'espèce. Parrainer une baleine finance le suivi de la population.
Adopter symboliquement — New England Aquarium — parrainage d'une baleine franche (site externe, nouvel onglet) -
WWF-Canada
Soutient la recherche sur la présence des baleines franches dans le golfe du Saint-Laurent et travaille avec les gouvernements et l'industrie sur les mesures de protection.
Faire un don — WWF-Canada (site externe, nouvel onglet)
En images
Utilisez les flèches gauche et droite pour parcourir les photos.
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La baleine « Scoop », photographiée dans le sanctuaire marin de Stellwagen Bank (Massachusetts), en 2016. Photo : National Marine Sanctuaries (NOAA), Domaine public (source) -
Deux baleines franches près du sanctuaire marin de Gray's Reef, au large de la Géorgie, où elles viennent mettre bas. Photo : National Marine Sanctuaries (NOAA), Domaine public (source) -
Un groupe de baleines franches au large de la Géorgie, en 2016 : elles communiquent par des sons sous l'eau. Photo : National Marine Sanctuaries (NOAA), Domaine public (source) -
Une baleine franche se nourrit en surface dans le sanctuaire de Stellwagen Bank, en 2010. Photo : National Marine Sanctuaries (NOAA), Domaine public (source)
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Sources
- Eubalaena glacialis — évaluation de la Liste rouge (2020), UICN, consulté le .
- Protections for Right Whales Remain Essential to Continue Population's Gradual Increase (21 octobre 2025), New England Aquarium, consulté le .
- 2025 Annual Report Card, North Atlantic Right Whale Consortium, consulté le .
- Canada continues strong protections for endangered North Atlantic right whales (26 mars 2026), Pêches et Océans Canada, consulté le .
- North Atlantic right whales, WWF-Canada, consulté le .
- North Atlantic right whale — fiche de l'espèce, Massachusetts Division of Marine Fisheries, consulté le .
- Baleine noire — fiche de l'espèce, Gouvernement du Québec, consulté le .
- All About North Atlantic Right Whale Research at the New England Aquarium, New England Aquarium, consulté le .
Crédits photo
- Une femelle et son baleineau photographiés d'avion, en 2010. Photo : NOAA Photo Library, Domaine public (source)
- Les callosités, ces plaques de peau rugueuse, sont colonisées par de petits crustacés, les « poux de baleine ». Leur motif permet d'identifier chaque individu. Photo : NOAA Photo Library, Domaine public (source)
- Au large de Jacksonville (Floride), en 2008, une équipe de la NOAA et de ses partenaires libère une baleine franche empêtrée dans des engins de pêche. Photo : NOAA Photo Library, Domaine public (source)
- La baleine « Scoop », photographiée dans le sanctuaire marin de Stellwagen Bank (Massachusetts), en 2016. Photo : National Marine Sanctuaries (NOAA), Domaine public (source)
- Deux baleines franches près du sanctuaire marin de Gray's Reef, au large de la Géorgie, où elles viennent mettre bas. Photo : National Marine Sanctuaries (NOAA), Domaine public (source)
- Un groupe de baleines franches au large de la Géorgie, en 2016 : elles communiquent par des sons sous l'eau. Photo : National Marine Sanctuaries (NOAA), Domaine public (source)
- Une baleine franche se nourrit en surface dans le sanctuaire de Stellwagen Bank, en 2010. Photo : National Marine Sanctuaries (NOAA), Domaine public (source)
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