Amphibien · Eau douce
Axolotl : star mondiale, mais presque introuvable chez lui
On le voit partout, en peluche, en dessin animé ou en aquarium. Pourtant, dans les canaux de Xochimilco, à Mexico, son seul habitat naturel, l'axolotl sauvage est devenu presque introuvable. Les chercheurs et les agriculteurs locaux s'unissent pour lui rendre une eau propre.
6 000 → 36 axolotls par kilomètre carré en 1998, puis en 2014 : une chute de 99 %
Description de l’animal
L’axolotl est une salamandre mexicaine qui a une particularité rare : il ne grandit jamais tout à fait. Alors que la plupart des salamandres quittent l’eau à l’âge adulte, lui garde toute sa vie ses traits de larve. Il reste aquatique et conserve ses branchies externes, ces trois paires de tiges plumeuses qui encadrent sa tête. Les scientifiques appellent ce phénomène la néoténie. Seules deux ou trois des 17 espèces de salamandres du Mexique en sont capables.
À l’état sauvage, l’axolotl n’est pas rose : il est brun foncé ou verdâtre, moucheté, ce qui le rend discret au fond des canaux. Les axolotls roses ou blancs des animaleries sont des variétés d’élevage.

Son autre super-pouvoir fascine les chercheurs du monde entier : l’axolotl peut régénérer des membres entiers et même des organes complexes, y compris des parties de son cœur et de son cerveau. Il est étudié dans de nombreux laboratoires de médecine.
Il ne vit naturellement qu’à un seul endroit : le système de lacs et de canaux de Xochimilco, au sud de Mexico. Ces canaux entourent les chinampas, des îlots agricoles construits dès l’époque aztèque.
Le saviez-vous ? L’axolotl est devenu l’un des animaux les plus populaires au monde, et il est très répandu en aquarium et en laboratoire. Mais ces animaux d’élevage ne peuvent pas remplacer la population sauvage, adaptée aux eaux de Xochimilco.
Pourquoi il est en danger
Le déclin est vertigineux. En 1998, les chercheurs estimaient qu’il y avait environ 6 000 axolotls par kilomètre carré à Xochimilco. Lors du recensement de 2014, ils n’en trouvaient plus que 36 : une chute de 99 %. L’UICN, en 2019, estimait la population sauvage entre 50 et 1 000 individus.
En 2024 et 2025, l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM) a mené un nouveau recensement sur 115 sites. Lors de la première phase, aucun axolotl n’a été capturé au filet. Mais les analyses d’ADN environnemental, des traces génétiques laissées dans l’eau, ont confirmé qu’il survit encore. On le trouve seulement dans les canaux éloignés de la ville, où l’eau est de bonne qualité et où vivent encore des poissons et des écrevisses indigènes. Une seconde phase du recensement, menée de septembre 2025 à février 2026, doit permettre une comparaison précise avec 2014. Ses résultats n’étaient pas encore publiés lors de notre vérification, en octobre 2026 : nous mettrons cette page à jour dès leur parution.
« La dégradation de l’habitat pousse les axolotls au bord de l’extinction », résume Luis Zambrano, le chercheur qui dirige le recensement. Plusieurs menaces se combinent :
- La pollution des canaux, aggravée par l’usage excessif de pesticides dans l’agriculture moderne.
- L’urbanisation de Mexico, qui grignote les zones humides. Des chinampas sont même transformées en terrains de football ou en salles de fête.
- Les espèces envahissantes. Les carpes et les tilapias, introduits dans les canaux, mangent les œufs des axolotls et leur disputent la nourriture et les abris.
Ce qui est fait pour le sauver
Le laboratoire de restauration écologique de l’UNAM, dirigé par Luis Zambrano, travaille avec les agriculteurs de Xochimilco sur un modèle astucieux : les chinampas-refuges. Des filtres naturels faits de bois, de gravier et de plantes indigènes isolent certains canaux pour empêcher l’entrée des carpes et des tilapias. L’eau y redevient plus propre.

Les résultats sont encourageants : meilleure qualité de l’eau, moins d’espèces envahissantes, retour de poissons indigènes et meilleures récoltes pour les agriculteurs. Développées à grande échelle, ces îles agricoles pourraient fournir jusqu’au quart des fleurs et des légumes achetés à Mexico. En 2025, 21 chinampas-refuges étaient actives, et d’autres étaient prévues. Les agriculteurs y gagnent aussi : leurs produits portent une étiquette « chinampera » qui valorise ces pratiques respectueuses de l’axolotl.
Les chercheurs testent aussi la réintroduction d’axolotls nés en captivité. Selon une étude publiée en 2025, les axolotls relâchés dans un canal restauré de Xochimilco et dans une zone humide artificielle de l’UNAM ont survécu, se sont nourris et ont pris du poids. Les chercheurs avaient équipé 18 axolotls d’émetteurs radio pour suivre leurs déplacements. Deux ont toutefois été mangés par des aigrettes après la fin de l’étude. C’est une piste prometteuse, à condition que leur habitat soit d’abord assaini.
Comment aider
Sauvons les animaux ne recueille aucun don. Voici des organismes reconnus qui agissent pour l’axolotl :
- Adoptaxolotl (UNAM) : adoptez virtuellement un axolotl ou un refuge. Vous pouvez même choisir son nom. Adopter un axolotl
- Conservation International soutient le recensement et les chinampas-refuges. Faire un don à Conservation International
Et au quotidien :
- Ne relâchez jamais un animal d’aquarium dans la nature, ni axolotl, ni poisson : les espèces relâchées peuvent devenir envahissantes, comme les carpes et les tilapias à Xochimilco.
- Si vous visitez Mexico, choisissez des balades à Xochimilco qui soutiennent les chinampas traditionnelles, et achetez leurs produits.
- Rappelez que l’axolotl sauvage est brun, pas rose : parler de l’espèce sauvage aide à faire comprendre qu’elle est menacée.
Soutenir un organisme
Nous ne recueillons aucun don. Ces organismes reconnus agissent directement pour cette espèce :
-
Adoptaxolotl (Institut de biologie de l'UNAM)
Adoptez virtuellement un axolotl ou un refuge à Xochimilco, à partir d'environ 10 dollars américains. Les fonds financent la restauration des canaux, la faune locale et les agriculteurs des chinampas.
Adopter symboliquement — Adoptaxolotl (Institut de biologie de l'UNAM) (site externe, nouvel onglet) -
Conservation International
Soutient, avec sa branche mexicaine, le recensement de l'axolotl et le modèle des chinampas-refuges mené par l'UNAM.
Faire un don — Conservation International (site externe, nouvel onglet)
En images
Utilisez les flèches gauche et droite pour parcourir les photos.
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Le lac de Xochimilco, au sud de Mexico, en 2011 : le seul endroit au monde où l'axolotl vit à l'état sauvage. Photo : Hernán García Crespo, CC BY 2.0 (source) -
Les chinampas, des îlots agricoles cultivés depuis l'époque aztèque, entourés de canaux. Photo : Gael Simon, CC BY-SA 3.0 (source) -
Un axolotl adulte à la coloration sauvage, vu en entier. Photo : Mariblubb, CC BY-SA 4.0 (source) -
Un axolotl de Xochimilco à l'Anfibium, le musée de l'axolotl du zoo de Chapultepec à Mexico, en 2024. Photo : José Luiz, CC BY-SA 4.0 (source)
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Sources
- Ambystoma mexicanum — évaluation de la Liste rouge (2019), UICN, consulté le .
- Axolotls are on the brink. Can we bring them back? (12 août 2025), Conservation International, consulté le .
- Censo revela posible disminución de axolotes en vida silvestre (23 septembre 2025), Periodismo y Ambiente, consulté le .
- Movement ecology of captive-bred axolotls in restored and artificial wetlands, PLoS ONE 20(4), 2025, Ramos, Mena, Schneider et Zambrano, consulté le .
- How to save the Mexican axolotl? Start by restoring their home, TecScience (Tecnológico de Monterrey), consulté le .
- Adoptaxolotl, Institut de biologie, UNAM, consulté le .
Crédits photo
- Un axolotl mâle à la coloration sauvage, brun foncé et moucheté, bien loin des axolotls roses des animaleries. Photo : Andrea Massagli, CC BY-SA 4.0 (source)
- Les branchies externes de l'axolotl, qu'il garde toute sa vie, lui permettent de respirer sous l'eau. Photo : Andrea Massagli, CC BY-SA 4.0 (source)
- Des agents de l'agence mexicaine de l'environnement (SEMARNAT) s'apprêtent à relâcher des axolotls dans les canaux de Xochimilco. Photo : SEMARNAT, Domaine public (source)
- Le lac de Xochimilco, au sud de Mexico, en 2011 : le seul endroit au monde où l'axolotl vit à l'état sauvage. Photo : Hernán García Crespo, CC BY 2.0 (source)
- Les chinampas, des îlots agricoles cultivés depuis l'époque aztèque, entourés de canaux. Photo : Gael Simon, CC BY-SA 3.0 (source)
- Un axolotl adulte à la coloration sauvage, vu en entier. Photo : Mariblubb, CC BY-SA 4.0 (source)
- Un axolotl de Xochimilco à l'Anfibium, le musée de l'axolotl du zoo de Chapultepec à Mexico, en 2024. Photo : José Luiz, CC BY-SA 4.0 (source)
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